À l’occasion d’EXPOdetergo International, organisé du 23 au 26 octobre à Milan, JENSEN-GROUP et sa filiale Inwatec ont présenté un ensemble de solutions dédiées à l’automatisation des blanchisseries industrielles. Du tri du linge sale à la finition du linge plat et des vêtements, le fabricant a mis en avant la robotique, l’intelligence artificielle et les logiciels de pilotage comme leviers de productivité et d’évolution des conditions de travail.
L’automatisation des blanchisseries industrielles a occupé une place centrale dans la stratégie présentée par JENSEN-GROUP lors d’EXPOdetergo 2026. Sur son stand R11 T20, à Milan, le groupe a réuni plusieurs technologies destinées à automatiser les différentes étapes du traitement du linge, en collaboration avec Inwatec, spécialiste de la robotique et du tri automatisé. Sous le thème « Découvrez l’art de l’automatisation de la blanchisserie », l’entreprise a défendu une approche globale de la production, allant de la reconnaissance des articles sales jusqu’au pliage et au tri final. L’objectif : réduire les interventions manuelles, fiabiliser les opérations et améliorer l’utilisation des équipements. Cette approche répond à plusieurs enjeux auxquels sont confrontés les exploitants de blanchisseries : les difficultés de recrutement, la hausse des exigences de productivité et la nécessité de maîtriser les coûts d’exploitation.
Le tri du linge sale, premier terrain de la robotisation
Le traitement du linge sale demeure l’une des étapes les plus exigeantes en main-d’œuvre dans une blanchisserie industrielle. Pour automatiser cette phase, Inwatec a mis en avant une architecture modulaire combinant robotique, identification des textiles et intelligence artificielle. Quatre technologies structurent cette solution. THOR assure la séparation robotisée des pièces de linge. HEIMDAL combine RFID et caméras pour identifier les articles. ODIN utilise des rayons X et une analyse assistée par intelligence artificielle pour détecter les objets étrangers. Enfin, BIFROST prend en charge le tri automatique selon les catégories définies par l’exploitant. L’association de ces systèmes vise à automatiser une séquence qui mobilise traditionnellement de nombreux opérateurs : séparer les articles, identifier leur nature, détecter les éléments indésirables puis orienter chaque pièce vers le circuit adapté.
Selon les chiffres communiqués par JENSEN, plus de 200 systèmes de tri automatisé étaient installés dans 26 pays et plus de 300 robots THOR étaient en service dans le monde. Le groupe s’appuie ainsi sur des équipements déjà déployés dans des environnements industriels pour promouvoir une automatisation progressive des zones de réception et de tri. À terme, cette logique rejoint le concept de « Dark Factory », une usine dans laquelle les opérations peuvent fonctionner avec une intervention humaine minimale. Il ne s’agit pas nécessairement de supprimer toute présence humaine, mais de confier aux machines les tâches répétitives et difficiles à automatiser manuellement jusqu’ici.
Express Pro : jusqu’à 2 400 pièces par heure
Dans les ateliers de finition, JENSEN a également mis en avant sa nouvelle engageuse Express Pro, conçue pour le traitement du linge plat, notamment les draps et le linge de table. Sa particularité réside dans sa capacité à fonctionner sur deux voies. Le fabricant annonce un rendement pouvant atteindre 2 400 pièces par heure avec quatre opérateurs, soit une capacité d’engagement doublée par opérateur par rapport à une organisation de référence sur une seule voie. La machine intègre un tampon de production destiné à stabiliser le rythme d’alimentation. Des dispositifs de correction des bords et une traverse mécanique assurent le positionnement des pièces avant leur passage dans la ligne de finition, y compris pour des articles plus lourds comme le linge de table. Cette nouveauté illustre un axe majeur du développement des équipements de blanchisserie : augmenter les cadences sans se limiter à accélérer les machines. La régularité de l’alimentation, la précision du positionnement et la coordination avec les équipements en aval sont tout aussi déterminantes pour maintenir une production fluide.
Classic et Silverline : repenser le pliage du linge plat
JENSEN a également présenté les nouvelles générations de plieuses grand plat Classic et Silverline. Ces deux gammes répondent à des besoins différents, avec une attention particulière portée à la productivité et à l’optimisation de l’espace au sol. La Silverline est destinée à une configuration à une voie, associée à l’engageuse KliQ Plus et à des empileurs en ligne compacts. La Classic privilégie, quant à elle, le rendement en configuration à deux voies, notamment en association avec Express Pro. Les deux gammes proposent différentes configurations de pliage afin de traiter des assortiments variés. Le tri automatique selon la qualité et la taille des articles complète le dispositif. Ces machines intègrent le système d’exploitation iJOS, développé par JENSEN. Celui-ci fournit une interface de commande intuitive et un guidage visuel en temps réel. L’objectif est de faciliter la conduite des équipements, de rendre les informations de production plus accessibles et de simplifier les opérations de diagnostic. L’intégration du logiciel au cœur des machines traduit une évolution plus large du secteur : la performance ne dépend plus seulement de la mécanique, mais aussi de la capacité à piloter les équipements et à comprendre rapidement ce qui se passe sur une ligne de production.
BLIZZ et Butterfly Classic automatisent la finition des éponges
Le traitement des serviettes et autres articles en tissu éponge constitue un autre volet de l’offre présentée à Milan. Avec Butterfly Classic, JENSEN fait évoluer son concept de pliage des éponges. La machine associe un pliage rapide par air, une section de pliage transversal DeltaFlex et des empileurs à rouleaux. Elle peut fonctionner manuellement ou être intégrée à une chaîne automatisée. Cette seconde possibilité repose notamment sur BLIZZ, la solution robotisée d’Inwatec destinée à l’engagement des éponges. Le système sépare automatiquement les articles, détecte leurs angles et leurs bords, puis les positionne dans la plieuse sans intervention humaine à cette étape. L’association de BLIZZ et de Butterfly Classic permet ainsi d’automatiser une séquence allant d’un ensemble de serviettes non triées jusqu’au pliage. Elle s’adresse notamment aux blanchisseries qui travaillent pour les secteurs de la santé et de l’hôtellerie, où les volumes et la répétitivité des opérations peuvent justifier ce type d’investissement. Butterfly Classic bénéficie également du système iJOS, qui facilite la programmation, le suivi de la production et les opérations de maintenance grâce à des informations visuelles accessibles en temps réel.
MetriRead Pro : mieux identifier les vêtements en mouvement
L’automatisation concerne aussi le traitement des vêtements professionnels, dont le suivi nécessite une identification fiable tout au long du circuit de blanchisserie. Dans ce domaine, JENSEN a mis en avant Metricon, son système de convoyage et de tri automatisés, ainsi que la station de chargement ergonomique MetriQ. La principale nouveauté annoncée était MetriRead Pro, un tunnel de lecture conçu pour identifier les vêtements en mouvement. Intégré au système Metricon, il regroupe le lecteur RFID, le blindage et le contrôle du système au sein d’un même dispositif. Cette intégration doit permettre d’identifier les vêtements en temps réel tout en limitant la complexité matérielle et logicielle de l’installation. Pour les blanchisseries traitant des vêtements professionnels, l’identification constitue un maillon essentiel : elle facilite le suivi des articles, leur orientation dans les circuits de production et la gestion des retours vers les clients. L’enjeu est donc autant logistique qu’industriel.
Le lavage et le séchage restent au cœur de la performance
L’automatisation des flux ne peut toutefois produire pleinement ses effets sans des équipements de lavage et de séchage capables de suivre les cadences des autres ateliers. JENSEN a ainsi mis en avant son séchoir à gaz XR 60, qui intègre notamment les technologies XFlow, AirWave et InfraCare. Celles-ci visent à optimiser la circulation de l’air, les performances de séchage et les temps de traitement. Cette étape est stratégique dans l’équilibre d’une blanchisserie : un gain de productivité au tri ou à la finition ne suffit pas si le lavage et le séchage deviennent des points de blocage. La cohérence des capacités entre les différents postes demeure essentielle pour maintenir un flux continu. L’approche présentée par JENSEN repose donc sur la combinaison de machines performantes, de solutions robotisées et d’outils de pilotage plutôt que sur l’automatisation isolée d’un seul atelier.
Vers des blanchisseries plus connectées
À travers les nouveautés présentées à EXPOdetergo, JENSEN-GROUP et Inwatec ont illustré une automatisation qui dépasse désormais le simple remplacement des gestes manuels par des machines. La reconnaissance des articles, la détection des objets étrangers, le pilotage des équipements et la coordination des flux prennent une place croissante dans la conception des installations. Pour les exploitants, ces technologies ouvrent des perspectives en matière de productivité, de régularité de la qualité et d’organisation du travail. Leur déploiement suppose néanmoins de tenir compte des volumes traités, de la diversité des textiles, de l’agencement des bâtiments et des investissements nécessaires. La question est désormais celle du niveau d’automatisation adapté à chaque site. Certaines blanchisseries pourront commencer par robotiser le tri ou l’engagement des éponges ; d’autres privilégieront une ligne de finition à haut rendement ou une gestion automatisée des vêtements professionnels. Le message porté par JENSEN à Milan est celui d’une automatisation conçue comme un ensemble cohérent, depuis l’entrée du linge sale jusqu’à la sortie des articles propres. Une évolution qui pourrait progressivement redessiner l’organisation des blanchisseries industrielles, à mesure que robotique et logiciels intelligents s’intègrent aux équipements de production.














