Travail physique, chaleur, rythmes soutenus : la blanchisserie industrielle cumule des contraintes qui exigent vigilance et endurance. À certaines périodes de l’année, des salariés peuvent pratiquer le jeûne à l’occasion notamment du Ramadan et du Carême, sans que cela soit toujours anticipé dans l’organisation du travail. Pour les services RH et les responsables de site, la question n’est pas culturelle ou religieuse, mais bien préventive et managériale.
Un facteur humain à intégrer dans l’évaluation des risques
Le jeûne peut entraîner fatigue, baisse de concentration ou déshydratation, notamment en fin de poste. Dans un environnement de blanchisserie industrielle — manipulation du linge, manutention répétée, machines automatisées, zones chaudes, station debout — ces effets peuvent accroître le risque d’erreurs ou d’accidents.
Sans viser une approche médicale, il s’agit pour l’employeur d’intégrer cette réalité au même titre que d’autres facteurs humains influençant la sécurité au travail.
Un sujet RH avant tout organisationnel
La prévention repose avant tout sur l’anticipation et le dialogue. Identifier les postes les plus exposés, informer l’encadrement de proximité et encourager une communication ouverte permettent d’adapter temporairement l’organisation, sans perturber la production.
L’objectif n’est pas de contrôler, mais de préserver la sécurité collective tout en respectant les choix individuels.
Des ajustements simples et pragmatiques
En blanchisserie, plusieurs leviers peuvent être actionnés :
- réorganiser ponctuellement certaines tâches les plus physiques ou les plus exigeantes,
- adapter les horaires ou la répartition des postes sur la journée,
- renforcer la vigilance sur les pauses et la récupération,
- rappeler les règles de sécurité et les signaux d’alerte liés à la fatigue.
Ces ajustements, souvent légers, contribuent à limiter les risques tout en envoyant un message clair : la prévention passe aussi par la prise en compte des réalités humaines du terrain. Autre adaptation possible : réduire le temps de pause du midi. En passant en journée continue, on réduit l’amplitude du temps de travail et on permet au salarié d’aller se reposer plus tôt à son domicile. Attention, il faut quand même respecter au moins la règle des 20 minutes de pause toutes les 6 heures de travail consécutives (Code du travail, art. L. 3121-16).
Sécurité et climat social : un équilibre gagnant
Aborder le jeûne sous l’angle de la prévention permet d’éviter les malentendus et les tensions. En blanchisserie industrielle, où la fidélisation et l’engagement des équipes sont des enjeux majeurs, cette approche renforce la confiance et la cohésion.
Une preuve supplémentaire que la prévention des risques professionnels est aussi un levier de management et de performance durable !














